D'où vient l'histoire du film ? Enquête : En octobre 1995, Emir Kusturica vient présenter à Toulouse en avant-première son film
Underground. Kusturica y retrouve son ami le metteur en scène Mladen Materic, fondateur du Théâtre Tattoo, qui lui raconte l'étonnante histoire qu'il tient d'un Serbe de
Bosnie, Srdjan Ivanović, réfugié à Toulouse. Kusturica prendra ensuite contact avec Srdjan et sa famille. Celui-ci a dû quitter
Sarajevo en 1992, chassé par la guerre, et s'est installé en France. Son frère, prisonnier des musulmans, est alors détenu dans un camp. Le père prend contact avec les forces musulmanes qui exigent qu'une jeune fille soit relâchée préalablement avant un échange de prisonniers qui permettra la libération de son fils. Il va donc chercher la prisonnière en
Bosnie de l'Est, muni d'une ordonnance des autorités serbes autorisant sa remise à M. Ivanović afin qu'il la remette à la Croix-Rouge. Mais la “prisonnière” ne veut pas quitter ses “geôliers” car elle est tombée amoureuse de l'un d'eux. Une seconde tentative permet enfin à M. Ivanović de la ramener. Hébergée quelques mois dans la famille serbe pendant que les négociations continuent, la jeune musulmane se lie d'amitié avec les Ivanović. Elle ne veut pas rentrer en Bosnie, ce que sa mère lui conseille aussi tandis que les combats font rage. Lors de la séparation à
Belgrade de la jeune femme et de sa famille d'accueil serbe, tout le monde est en larmes pendant que chez eux en Bosnie, Musulmans, Croates et Serbes se déchirent… Le cas de la jeune femme disparaît des négociations, mais l'échange de prisonniers a quand même lieu. Les Ivanović récupèrent leur fils, aident la jeune musulmane à gagner l'Autriche où elle rejoint un oncle, puis vont se réfugier aux États-Unis. Srdjan est resté à Toulouse et se reconnaît dans l'exil et le désenchantement amer de Kusturica devant les désastres passés. “On est partis, on est quelque part… Nous sommes d'un pays qui n'existe plus” dit-il en attendant de voir
La vie est un miracle…