Andréï Tarkovski

Andreï Arsenievitch Tarkovski naît le 4 avril 1932 à Zarraje, petite ville sur la Volga. Son père, poète et traducteur, quitte sa femme lorsque Andreï a trois ans et sa soeur un an et demi. En dépit de l'admiration éperdue qu'il éprouvera toujours pour le talent paternel, Andreï restera émerveillé par l'abnégation et la tendresse de sa mère. Ces bribes d'enfance, cet univers mystérieux empli de ” secrets de femmes ”, on les retrouvera, embellis, sublimés, dans Le miroir.

Après la guerre, où toute la famille manque de mourir de faim et de froid, Andreï poursuit ses études, suit des cours de musique et de peinture. Au retour d'une expédition de géologie, il s'inscrit, en 1956, au célèbre VGIK, l'école de cinéma nationale. A la fin de ces quatre années d'études, il réalise son film de diplôme : Le rouleau compresseur et le violon.

En 1962, il tourne L'enfance d'Ivan, l'histoire d'un enfant mort à 12 ans, durant la guerre. Un enfant qui ressemble au futur Stalker, puisque cette victime, apparemment sans défense, se révèle plus forte que ceux qui l'entourent. Le film remporte le Lion d'or à Venise et c'est le début pour Tarkovski, de ses ennuis avec les autorités.

En 1966, Andreï Roublev est plutôt bien accueilli par ses confrères, ce qui étonne Tarkovski. Mais le film est néanmoins mis au placard. Certains envisagent même de le détruire mais une projection hors compétition au Festival de Cannes 1969 permet de le sauver. En 1971 il sort Solaris, en 1974 Le miroir mais la polémique gronde. Tarkovski s'exile alors en Italie.

On considère vite Tarkovski comme un dangereux individualiste et provocateur. ”Je suis pour un art qui apporte aux hommes l'espérance et la foi.

En 1984, il choisit de rester à l'Ouest, avec sa femme, en réclamant la présence de son fils, retenu en Russie. ”Je suis fatigué de persécution, de votre haine, de votre méchanceté, de misère et, enfin, de l'absence systématique de travail à laquelle vous m'avez condamné.

En 1985, en Suède, il prépare Le Sacrifice. Il se découvre également malade. Le 15 décembre il est fixé : ”L'homme tout au long de sa vie, sait qu'un jour ou l'autre, il va mourir. Mais il ne sait pas quand et c'est pourquoi il repousse ce moment toujours plus loin dans l'avenir. Ca l'aide à vivre. Moi, maintenant, je sais … et rien ne peut m'aider.” Le professeur Léon Schwarzenberg adresse une lettre à François Mitterrand, qui s'adresse à Gorbatchev, lequel ordonne que le fils de Tarkovski puisse rejoindre son père. C'est lui qui reçoit en mai 1986 le Prix Spécial que le jury décerne au Sacrifice.

Le 29 décembre 1986, Andreï Tarkovski meurt à Paris.

Andréï Tarkovski dans les films d'Emir Kusturica

Le Miroir en particulier, mais tous les films de Tarkovski en général sont des références pour Emir Kusturica. On retrouve les hommages sous plusieurs formes :

  • Emir Kusturica a utilisé dans beaucoup de ses films la même symbolique de l'eau, versée sur la tête comme symbole de purification. On peut aussi voir que la scène ou Merdzan soulève la maison de Perhan dans Le temps des gitans fait écho à la fin de Solaris où Kris voit son père (pourtant décédé) à l'intérieur de sa maison, sous une pluie irréelle.
  • La fille du Stalker est handicapée. Elle ne peut pas marcher, mais elle a le don de télékinésie. Cette faculté exceptionnelle de faire bouger les objets à distance compense un certain handicap physique… tout comme Perhan dans Le temps des gitans.
  • Les points culminants dans Le Sacrifice et Le Miroir sont marqués par une sorte de lévitation, une force, celle de l'amour et du sacrifice, qui berce les corps dans le flottement de l'air. Emir Kusturica fera souvent léviter ses personnages dans les moments de grâce.
  • Elaine Stalker (Fayne Dunaway) dans Arizona Dream reprend le titre d'un film d'Andréï Tarkovski.
  • La verticalité est une façon de filmer très particulière d'Andréï Tarkovski. On peut considérer que le plan qui montre Perhan au pied du four à chaux dans Le temps des gitans, et simultanément en haut du four après un travelling vertical, puis à nouveau en bas, en est un hommage. Une scène d'Andreï Roublev montre également le personnage de Cyrille qui disparait d'un côté de l'écran pour réapparaître de l'autre côté de Roublev.
  • Dans Andreï Roublev également, on assiste à une étrange fête païenne sur une rivière, qui n'est pas sans rappeler la fête de la Saint-Georges du Temps des Gitans

Site internet

Site très complet et régulièrement mis à jour sur le maître russe : www.nostalghia.com

Filmographie sélective

fr/andrei_tarkovski.txt · Last modified: 2007/06/25 23:25 by matthieu1