Actualité [Archives - 2002]

Décembre 2002

  • Décès de Joe Strummer.

L'ancien leader du groupe The Clash est décédé à 50 ans le 23 décembre 2002 en Angleterre. Il avait été aperçu plusieurs fois sur scène avec Emir & le No Smoking Orchestra, on le voit également chanter, gesticuler, sauter, et jouer de la guitare dans le film Super 8 Stories. A propos de leur musique il disait :”En Angleterre, tout le monde joue la même chose, vous voyez : guitare, batteries. On n'a pas de gens comme ça là bas. Cette musique est eclectique, elle a vraiment un goût nouveau, un goût inhabituel. C'est sans doute la musique du futur, et celle du passé. C'est pour ça que j'adore Emir !

Octobre 2002

  • Exposition Citoyens Bohèmes au Printemps Haussmann à Paris : Du 19 septembre au 12 octobre a eu lieu au Printemps Haussmann une exposition de vêtements, photos, videos, objets, parfums, sculptures, et autres installations sur le thème “citoyens bohèmes”. Cette exposition était somptueuse et Emir Kusturica y était à l'honneur avec la table du mariage d'Underground reconsitutée, un extrait video du film (la scène du mariage, justement), ainsi que la difusion du film Super 8 Stories.

photo réalisée au cours de l'exposition Citoyens Bohèmes au Printemps Haussmann.

Octobre 2002

  • Dernières nouvelles du tournage de Hungry Heart : Le tournage se passe bien… tellement bien qu'il devrait se terminer dans les temps ! (ce serait une première pour un film d'Emir Kusturica…) Le tournage doit en effet durer jusqu'à fin novembre, début décembre. Il est toujours prévu de présenter le film en compétition officielle à Cannes en 2003.

Octobre 2002

  • Une nouvelle interview : Emir Kusturica parle de son nouveau film, du 11 septembre, des bombardements en Afghanistan.

Septembre 2002

  • Réédition de la Bande originale d'Arizona Dream et sortie d'un nouvel album de Goran Bregović. Suite à des problèmes de droit d'auteur, la bande originale avait été retirée de la vente quelques semaines après sa sortie. A l'occasion de la sortie du nouvel album de Goran Bregović, elle vient donc d'être rééditée, agrémentée d'un morceau supplémentaire (le monologue de Johnny Depp sur son enfance)… et les crédits sont maintenant complets pour In the Deathcar. Le thème était en fait emprunté à une chanson corse Solenzara. L'ensemble de du packaging (couverture, livret, CD) reste le même que la première édition.

Le nouvel album de Goran Bregović s'intitule Tales and Songs from the weddings and the funerals, et est un mélange de créations, de folklore roumain & yougoslave, et n'est pas sans rappeler les ambiances d'Underground. Il en ressort un album très agréable à écouter, très bien produit, dynamique et sympathique.

6 août 2002

  • Les habitants de Kostunicevo offrent à Emir Kusturica une ancienne maison. En remerciement pour les moments passés sur le tournage, Emir Kusturica s'est vu offrir une maison vieille de plus de 200 ans ainsi qu'un grand jardin à Kostunicevo par les habitants du village. Il s'agit du premier “village écologique” de Serbie. Profitant d'une pause dans le tournage, Emir s'est rendu ce 6 août à Kostunicevo pour visiter la maison et a déclaré que ce serait l'endroit idéal pour lui se reposer après l'aventure du tournage de ce film, et même éventuellement pour s'y installer …

1 juin 2002

  • En vrac, les dernières anecdote raportées une journaliste à Sarajevo, du tournage de Hungry Heart :
    • Emir devait filmer une scène avec des ours et des loups. Pendant le tournage la plupart des animaux se sont enfuits dans la forêt voisine… et impossible de les retrouver ou de les ramener sur le plateau !
    • Peu après, ils devaient tourner une scène assez délicate où un ours s'invite dans une maison, casse la porte, prend un bain, regarde la télévision et boit des bières. L'ours a tout fait sans problème. Personne n'a compris.
    • Toujours avec des animaux, un chien devait courrir après une voiture. Après cinq prises ratées, le chien était vraiment crevé. Le dresseur disait que l'animal était fatigué et qu'il devait se reposer, mais Emir, déjà en colère que la voiture roulait tantôt trop vite, tantôt pas assez vite, se fâche et dit : ”Mais comment il peut être fatigué, on ne l'a faite que cinq fois, cette prise !
    • Une scène consistait à filmer une dispute entre supporters de foot. Il y avait sur le terrain 500 personnes : des Bosniaques, des Serbes et des Croates, aucun acteur professionnel. La scène s'est déroulée à merveille, mais à la première prise on comptait déjà 12 personnes blessées.

25 Mai 2002

  • Sortie de Super 8 Stories en DVD. Avec plus d'un mois de retard, le DVD de Super 8 Stories est enfin sorti ! Mise à part la possibilité d'ajouter des sous-titres (ce qui permet de suivre les textes de certaines chansons… c'est assez intéressant !), l'éditeur nous propose en bonus un extrait d'une demie heure environ de l'excellent concert aux vieilles charrues, ainsi que trois video-clips du groupe :
    • Bubamara
    • Pit-Bull
    • un morceau plus ancien du groupe doté d'un clip kitschissime !

Mai 2002

Kusturica tourne son 7ème long métrage en Serbie par Jean-Eudes BARBIER
MOKRA GORA (Yougoslavie), 14 mai (AFP) - Le cinéaste yougoslave Emir Kusturica poursuit depuis février, avec le tournage en Serbie de son 7ème long métrage, son flamboyant périple à cheval sur la poésie, l'imaginaire et, parfois, le réel le plus cruel, entamé il y a plus de vingt ans.
Fidèle à son tempérament de feu, Kusturica s'est lancé dans cette nouvelle aventure sans se départir des obsessions qui ont jusqu'à présent imprégné son oeuvre et qui, pour l'essentiel, ont trait à l'absurdité des frontières et des idéologies, sources de divisions entre les esprits, les communautés, et génératrices de conflits dévastateurs.
Son futur film, “Hungry heart” (coeur affamé), est en grande partie tourné dans le massif de Zlatibor, à quelques encablures de la Bosnie.
Ce matin, la ligne de chemin de fer qui serpente sur les flancs de Mokra Gora (colline mouillée) sert de décor à l'étrange dialogue auquel se livrent deux hommes à propos d'une ânesse stationnant obstinément au milieu des rails.
Impossible de l'en déloger. La raison? Un chagrin d'amour! La maquilleuse verse et reverse un peu d'eau sous l'oeil de l'animal, afin d'alimenter son flot de larmes.

  • Pourquoi pleure-t-elle? questionne l'un des deux hommes.
  • Elle veut mourir et attend qu'un train la renverse, répond le propriétaire de la bête, qui parait bien impuissant face à un tel entêtement.

L'attente (de la mort) risque d'être longue car la pose de la ligne ferroviaire est loin d'être achevée.
“Hungry Heart” raconte l'histoire d'un entrepreneur attelé, précisément, à la construction d'une voie ferrée devant relier la Serbie à la Bosnie. Mais le déclenchement de la guerre en 1991 –début de l'éclatement de la Yougoslavie de Tito– interrompt les travaux.
Le responsable reste sur place pour assurer la protection des installations mais son fils est enrôlé dans l'armée et fait prisonnier. Il ne pourra être libéré qu'en échange d'une femme musulmane pour laquelle le père du détenu s'est pris de passion…
Kusturica, longue chevelure en bataille, taillé dans un corps d'athlète, a toujours, à 48 ans, le regard scrutateur de la passion. Conforté par un gros cigare, il donne ses ordres, multiplie les mots d'humour, court sous une tente abritant l'écran de contrôle, devise avec les techniciens, livre ses dernières consignes aux acteurs.
L'un d'eux, Slavo Štimac, est un familier du cinéaste originaire de Sarajevo, pour avoir joué des rôles importants dans deux de ses films précédents, “Te souviens-tu de Dolly Bell?” (1981) et le célèbre “Underground” (1995), respectivement primés à la Mostra de Venise et au festival de Cannes (palme d'or).
Mais Kusturica aime aussi diriger des gens qui ne se sont jamais frottés au monde du cinéma. Pour “Hungry heart”, plusieurs membres de son équipe sont allés chercher Obrad Djurovic sur une crête isolée de la Républika Srbska (RS), l'entité serbe de Bosnie, où il s'est réfugié après avoir enseigné pendant quarante ans les mathématiques à Sarajevo.
Toque d'astrakan sur le crâne, bottes et long manteau élimés, doigts noueux, Djurovic n'aspire qu'à rentrer chez lui mais il ne tarit pas d'éloges sur Kusturica. “J'aime sa façon de faire parler les animaux, à la manière des hommes dans la vie. Ce film est une fable. Ce sera un grand succès”, prédit-il.
Les animaux occupent une place importante dans l'oeuvre de Kusturica. Dans un court métrage datant de 1996, il retrace l'histoire d'un Serbe qui ne peut accéder à sa maison qu'en passant par le jardin de voisins. S'étant disputé avec eux, il n'est plus libre de ses mouvements et rêve d'être un oiseau…
Le dernier tour de manivelle de “Hungry heart” est prévu en octobre et la sortie du film en 2003. Réalisé en partie avec des capitaux français, l'ouvrage bénéficie d'une musique composée par le groupe “No Smoking Orchestra” dont le bassiste n'est autre que Kusturica.

Avril 2002

  • Sortie du DVD Edition Collector d'Arizona Dream. Truffé de bonus, ce DVD apporte un nouveau regard sur le film culte avec notamment une séquence inédite de 12 minutes retirée du montage final par les distributeurs américains.

Mars 2002

  • Emir Kusturica est devenu Ambassadeur de l'UNICEF pour la Yougoslavie

Le regard qu'il porte sur les enfants et les jeunes (dans ses films mais pas seulement) ; la façon dont le monde est vu par leurs yeux, surtout les enfants exploités ou appartenant à des minorités nous a seduit.” (Jean-Michel Delmotte, Représentant de l'UNICEF en yougolsavie)

Février 2002

  • Début du tournage de Hungry Heart en Bosnie. Information reçue de Nina, journaliste au quotidien Oslobodjenje à Sarajevo. C'est une histoire sur la guerre et l'amour. Luka est serbe et il rêve de construire une voie ferrée entre la Serbie et la mer Adriatique, et pour cela, il doit construire 19 km de rail en Bosnie. Tout se passait pour le mieux quand la guerre a éclaté ! Luka n'est pas un soldat, mais son fils oui. Il rejoint l'armée serbe et l'armée bosniaque l'arrête. L'infirmière Sabaha, qui est Bosniaque est elle aussi arrêtée, mais par l'armée Serbe. Ils la confient alors à Luka, comme otage et attendent une solution à cette “prise d'otage”. Le drame commence lorsque Luka tombe amoureux de Sabaha et qu'ils décident de s'enfuir loin de la Bosnie et de la guerre. Les acteurs sont : Slavko Štimac, Nataša Solak, Davor Janjic, Mirjana Karanović, Aleksandar Berček, Branka Katić, Vesna Trivalić ainsi que Adnanan Omerovic, étudiant à l'Académie Dramatique de Tuzla (Bosnie). L'auteur de l'histoire est Ranko Bozić (bosniaque), et le directeur de la photographie est Thierry Arbogast.
fr/archives-2002.txt · Last modified: 2007/03/24 22:30 by matthieu1