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Emir Kusturica :
C'est le premier film de ma vie que je n'avais pas conscience de faire ! Ceci est un paramètre vraiment très important. Sur chacun de mes films, j'arrive très au point sur le tournage après un long temps de préparation. Cette fois-ci, j'ai seulement pris des moments de la vie du groupe et le processus s'apparentait presque, dans sa globalité, à la construction d'une maison. Les autres me poussaient à en faire un film, mais j'avais finalement 75 heures de rushes et j'étais un peu effrayé de ce que cela pourrait donner. Puis il m'est apparu que la trame du documentaire pouvait s'axer autour de ces neufs musiciens quittant Belgrade pour partir en tournée et qu'on pouvait partir dans neuf histoires différentes, où on les découvrait individuellement, parallèlement à leur activité musicale. Et ces neufs petits films de sept à neuf minutes pouvaient ensuite être montés pour former un tout.
Les No smoking représentent-ils une preuve que la Yougoslavie aurait pu fonctionner en tant que nation et que les différences auraient pu, même après la mort de Tito, constituer un atout et un ciment ?
EK : Au moment des événements, tout le monde dans le groupe était désolé… Il y a dans les Balkans des problèmes incroyables. Chacun veut conserver sa particularité et personne ne veut suivre les règles communes. Mais, dans le domaine de l'art et de la culture, il reste quelque chose du temps de l'unité. C'est ce que nous faisons à notre niveau. Même si je ne souhaite pas que ce pays soit un jour à nouveau politiquement unifié.
fr/itv_01-10_reperages.txt · Last modified: 2007/01/16 23:51 by matthieu1