Le réalisateur et musicien Emir Kusturica revient sur le devant de la scène en se mettant en avant. Le Serbe présente son autobiographie ; une œuvre qui lui ressemble: tendrement foutraque.
Il dit vouloir régler ses comptes avec l’oubli. Mais l’oubli renferme une certaine dose de mémoire et constitue un facteur de survie. C’est pourquoi, le cinéaste rockeur Emir Kusturica a écrit son autobiographie. Un livre à son image, tendrement foutraque, où se croisent des petites frappes des quartiers populaires de Sarajevo, des gamins de toutes origines et de toutes religions, des hommes politiques parfois pas très fréquentables, des acteurs anti-hollywoodiens comme Johnny Depp. Pour ce rebelle ambigu, poète punk qui traduit les soubresauts de son pays dans des films à la fois excessifs et d’une émotion pure, tout est politique. Emir Kusturica, deux fois Palme d’or à Cannes, a mené une vie de controverses, de polémiques bien souvent, mais il n’a jamais abandonné son combat contre le capitalisme libéral, principal ennemi, selon lui, de la culture et de l’identité.
Emir Kusturica, Où suis-je dans cette histoire ?, JC Lattès, 300p., 21,50 euros.