"La Chine équilibre le monde" - interview pour la Radio Chinoise Internationale, 28 Juin 2012

Le 28 Juin (Vidovdan), un an s'est écoulé depuis le début de la construction d'Andrićgrad. Le créateur de cette ville dédiée au prix nobel de littérature serbe, le réalisateur, acteur, musicien et maintenant écrivain Emir Kusturica, évoque pour la Radio Chinoise Internationale, son projet, son nouveau film et sa vision de la Chine et des films chinois.

  • Cela fait un an que la construction a commencé. Où en est-on et quand pensez-vous terminer ?
    • EK : Le coeur de la ville est terminé, et c'est le plus important pour toute ville, ce cercle central. On va y mettre un monument à Andrić. Quand le cercle extérieur sera fini, l'hôtel de ville sera achevé avec une forme de Pantheon ; il y aura ensuite un marché, l'Institut Andrić, un théâtre, un centre pour les étudiants, des rues avec un cinéma et de nombreuses boutiques, cafés, restaurants et tout ce qui fait une ville. Spécialement ces villes qui essaient de renaître. Tout est prévu pour s'achever d'ici deux ans.
  • Le 28 juin est une date importante pour les Serbes. Quel est le symbolisme de démarrer cette construction en ce jour précis ?
    • EK : Le roman Un pont sur la Drina se termine lorsqu'un Serbe quitte ce lieu et déclenche ce que nous savons de la Première Guerre Mondiale. Vidovdan est marqué comme le jour le plus important pour les Serbes, pour leur survie, et pour leurs voisins, il est crucial de comprendre leur histoire.
  • Quand les travaux seront finis, allez-vous déménager de Küstendorf à Andrićgrad ?
    • EK : Non, non (rires)
  • Les médias disent que la ville sera inauguré de façon spectaculaire avec la première d'un opéra basé sur “Le pont sur la Drina”. Est-ce que cela veut dire que vous abandonnez l'idée de faire un film basé sur ce roman ?
    • EK : Bien sûr que non. Maintenant que l'ambition autour de ce roman est devenue bien plus vaste, on va d'abord l'adapter en opéra, puis en show pour la télé, et enfin en film. J'espère que les officiels du gouvernement y reconnaîtront l'intérêt d'un tel phénomène culturel en en faisant un opéra, un show TV et un film, basé sur un chef d'oeuvre de la littérature.
  • Qu'en est-il de vos autres projets de films ?
    • EK : A partir d'un court métrage sur un moine que j'ai récemment tourné, je vais faire un long métrage. Le tournage va démarrer le 15 septembre à Trebinje jusqu'au 15 Décembre. Les rôles principaux seront tenus par Sloboda Mićalović et moi-même.
  • Que pensez-vous des films chinois, et y a-t-il des réalisateurs ou des acteurs chinois que vous appréciez particulièrement ?
    • EK : J'ai eu l'honneur de présider le jury de Venise et Zhang Yimou a gagné le plus haut prix pour “Not one less” ( Yi ge dou bu neng shao ) j'ai été comblé de joie quand je lui ai remis le Lion d'Or. J'apprécie le boom chinois dans toutes les façons qu'il s'exprime avec cette énergie qui définit ce que sont ces gens et qui équilibrent le monde entre les races, les nations et les cultures.
  • Pensez-vous venir en Chine bientôt ?
    • EK : La plupart du temps, je ne fais que passer ; je suis déjà allé plusieurs fois à Pékin et dans d'autres villes du sud. J'aimerais vraiment revenir.




Interview de Radosav Berbatović, traduction de Nemanja et Matthieu Dhennin
Source : serbian.cri.cn

fr/itv_12-06_cri.txt · Last modified: 2012/08/07 00:20 by matthieu1