| Réalisateur | Patrice Leconte |
|---|---|
| Sortie | 2000 (France) |
| VO | français |
| Durée | 1h52 |
| Musique | Pascal Estève |
| Script | Claude Faraldo & Patrice Leconte |
| Photo | Eduardo Serra |
Saint-Pierre 1850, une petite île française perdue près du Canada. Une nuit, un homme est sauvagement assassiné. Le coupable, Neel Auguste est condamné à mort. Mais à Saint-Pierre, il n'y a ni guillotine ni bourreau pour exécuter la peine. Le gouvernement français promet d'y remédier mais l'attente risque d'être longue. Il faut faire venir la veuve de France, cette mère patrie si lointaine. En attendant, Neel est placé sous la surveillance du Capitaine et attend son exécution avec humilité. La femme du Capitaine, Madame La, s'intéresse particulièrement au sort de Neel, en qui elle voit bonté et simplicité. Elle ne peut se résoudre à accepter qu'un homme soit définitivement méchant, et souhaite sa réhabilitation à tout prix. Peu à peu, avec l'aide de sa bienfaitrice et contre l'avis des notables de la ville, le condamné se rend indispensable et devient l'homme le plus populaire de l'île. Mais lorsque arrive la guillotine par les mers, justice doit être faite. Madame La fera l'impossible pour empêcher Neel d'être exécuté. Et c'est par amour pour sa femme que le Capitaine s'opposera à l'ordre établi, c'est pour cet amour qu'il ira jusqu'au bout de son destin…
La musique du film est composée par Pascal Estève.
Détails & titres de la bande originale du film.
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Emir Kusturica à propos du film : J'ai toujours été obsédé par ce thème : l'homme condamné à mort n'est pas le même que celui que l'on tue. J'aurais aimé le traiter dans un de mes films, je l'aborderai sans doute un jour. J'ai été fortement impressionné, à la lecture du scénario de La Veuve de Saint-Pierre, par la force et la diversité des conflits qui sous-tendent l'intrigue. Mon personnage, peut-être un peu naïf, est très naturel, spontané, sincère. C'est sans doute à cause de ces traits de caractère qu'il se retrouve dans une situation où il tue un homme. Son acte ouvre une réflexion sur le crime et le châtiment. J'ai aussi accepté ce rôle car j'étais très curieux de savoir, en dehors de toute considération sur le talent d'un metteur en scène, quelles traces un acteur non professionnel chargé de toute cette matière peut laisser sur la pellicule. Quel goût, quelles émotions, il arrive à faire passer à l'écran.
Contrairement à moi, Patrice est un réalisateur qui ne doute pas. Il a un script, des idées, et s'y tient scrupuleusement. Moi, quand je fais des films, je ne suis jamais sûr de rien et me nourris de cette insécurité. Alors, faire l'acteur, vous pensez ! Je n'ai pas cessé de me poser des questions. Sur la mise en scène aussi. Si j'avais réalisé moi-même le film, il aurait été beaucoup moins carré et surtout deux fois plus long !
Entretien avec Patrice Leconte à propos d'Emir Kusturica : [Avoir choisi Emir Kusturica,] ça ne peut pas être un coup [de marketing], parce que si ça l'est, c'est tellement pas grand public ! Personne ne sait qui est Emir Kusturica. On connaît UNDERGROUND, on sait que c'est un cinéaste mais ça c'est dans le milieu cinéphile, ce n'est pas comme si j'avais pris Bernard Tapie, si vous voyez ce que je veux dire… Emir, c'est un coup de coeur, tout à fait sincère et authentique, dans la mesure où je ne le connais pas dans la vie. J'ai vu des acteurs, des non-acteurs, on a cherché pour moi à l'étranger et puis un jour, j'ai vu une photo d'Emir sur le tournage de UNDERGROUND et je me suis dit que c'était lui. J'étais sûr de mon coup. Après, on se demande s'il va accepter. On a traduit le scénario en anglais, il l'a lu, il l'a aimé et Il a demandé à me rencontrer. Il m'a dit “c'est insensé ce que vous me proposez, c'est une expérience, qu'on ne m'a jamais proposé. J'aime les expériences, je suis d'accord”. On a fait des essais avec lui et Juliette pour le rassurer mais j'étais sûr de mon coup, c'était une évidence. Il a tourné en français avec un accent à couper au couteau mais ça lui donne du charme, je crois. Sur le tournage, des tas de gens m'ont dit que j'étais fou de prendre Emir car il allait se mêler de la mise en scène. Mais moi j'étais très tranquille. Je n'ai jamais eu d'inquiétude à ce sujet là et j'ai eu raison, il a été acteur tout le temps, un acteur très disponible car il sait ce que sont les tracas de mise en scène, les caprices météorologiques. Il connaît ça par coeur.