Sarajevo

Géographie

Sarajevo est la capitale de Bosnie-Herzégovine. Elle est située à proximité du centre du triangle formé par la Bosnie-Herzégovine, et couvre une surface de 142 km². La rivière Miljacka coule à travers la ville de l'est à l'ouest. La source de la rivière Bosna prend sa source dans la rivière Vrelo qui se trouve dans la périphérie de Sarajevo près d'Ilidža et est un des plus grands espaces naturels du pays.

La ville est entourée de cinq grandes montagnes, qui ont servi aux Jeux Olympiques d'hiver en 1984. Elles font toutes parties du massif montagneux Dinaric qui s'étendant à travers la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et le Monténégro. Les montagnes attirent les touristes pour les activités de ski et de randonnées.

Histoire

La ville de Sarajevo fut fondée en 1262 par le général hongrois Cotroman ; elle s'appelait alors Bosnavar (ville de Bosnie), puis Saraïbosna. Il faut attendre le XVe siècle, l'islamisation de la région et la domination turque pour que la ville soit agrandie. Lors des guerres turques, Bosnavar est souvent disputée: elle tombe aux mains de Mathias Corvin, roi de Hongrie, en 1480. Pas moins de six incendies la ravagèrent entre 1480 et 1789. Son essor date de 1850, où elle devient le siège des plus hautes autorités islamiques. En 1878, elle accède au rang de siège de l'administration austro-hongroise de Bosnie-Herzégovine puis le siège de la diète. La ville est alors reconstruite dans le style de l'Europe centrale, tandis que les bazars et les mosquées de la ville orientale demeurent. Ses nombreuses écoles deviennent rapidement un foyer de nationalisme serbe et d'agitation anti-autrichienne.

Avec l'accord des services secrets de Belgrade, des serbes préparent les attentats de Sarajevo, dirigés contre l'archiduc héritier d'Autriche François-Ferdinand. Ce dernier échappe à un premier attentat le 28 juin 1914, mais au cours de la même journée, il est assassiné avec sa femme par un étudiant bosniaque, Gavrilo Prinzip. L'occasion d'” éliminer la Serbie des Balkans comme élément politique ” est trouvée. Ce meurtre fut indirectement à l'origine de la guerre de 1914-1918.

En 1918, les notables de la ville proclameront le rattachement de la Bosnie-Herzégovine à la Yougoslavie en formation. Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville souffrira beaucoup des bombardements alliés. En 1944, lors de sa libération par les partisans de Tito, elle sera réincorporée à la Yougoslavie. Le régime socialiste y fondera une université en 1946. Les jeux Olympiques d'hiver s'y déroulèrent en 1984. À partir de mars 1992, Sarajevo a subi, de la part des forces serbes bosniaques hostiles à l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, un long siège meurtrier et destructeur. Aujourd'hui, la ville, qui compte environ 500 000 habitants, a les fonctions administratives, commerciales et culturelles d'une capitale. Plus de 40 % de la population active est employée dans l'industrie. À l'artisanat, au travail du cuir, aux industries alimentaires et textiles se sont ajoutées des industries métallurgiques animant les faubourgs situés en aval et par lesquels l'agglomération atteint aujourd'hui la vallée de la Bosna.

Sarajevo dans les films d'Emir Kusturica

Plusieurs fois détruite, la ville semble avoir été maintenue en vie grâce à ses artistes. Emir Kusturica est né à Sarajevo, et tous ses premiers films y trouvent leur cadre : ainsi le bar Titanic se trouve ”rue Moutélévitch, en bordure du parc qui entoure la manufacture de tabac” ; l'histoire de Te souviens-tu de Dolly Bell ? s'y déroule entièrement, et les personnages en parlent le patois local - le bosnien ; la famille de Papa est en voyage d'affaires y habite avant que Meša ne soit envoyé en camp de travail. Avant de se lancer dans Le temps des gitans, Emir Kusturica avait même l'intention de faire un troisième film sur sa ville natale, sort de trilogie familiale avec la complicité de Abdulah Sidran.

Aujourd'hui

Sarajevo a été depuis des siècles l'endroit où musulmans, Serbes, Croates, Turcs et Juifs ont toujours cohabité dans la tolérance et la coexistence pacifique. Une fracture s'est produite, avec les guerres des années 90.

Le 24 avril 1992, Emir Kusturica pousse un cri d'alarme dans la presse française : Europe, ma ville flambe !.

Mais cela ne suffit pas, bien sûr à enrayer la guerre. Et alors qu'il était aux Etats Unis, en train de tourner Arizona Dream, Emir Kusturica a dû revenir en urgence pour faire déménager ses parents de Sarajevo à Herceg Novi au Monténégro. Suite à l'intrusion de milices bosniaques, ses trophées furent volés, l'appartement familial fut saccagé, puis réquisitionné. Il n'a, depuis, plus jamais remis les pieds à Sarajevo.

Ainsi, à l'image d'Emir Kusturica, une grande partie de la population, jadis mixte et cosmopolite s'est disloquée. Mais aujourd'hui, lentement, nous observons avec patience le retour à la normalité…


En 2011, revenant partiellement sur sa promesse de ne jamais revenir à Sarajevo, Emir Kusturica a annoncé son souhait de construire un village utopique russe orthodoxe sur les hauteurs de la ville, à Trebević, afin d'ajouter une note multiculturelle et aider à sa reconstruction.

Site internet

Le site internet de la ville de Sarajevo : www.sarajevo.ba (en anglais)

fr/sarajevo.txt · Last modified: 2011/09/03 12:49 by matthieu1