Underground

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Réalisateur Emir Kusturica
Titre original Podzemlje, Bila jednom jedna zemlja
Sortie octobre 1995 (France)
VO serbe
Durée 2h45 (version cinéma), 5h40 (version longue TV), 7h (version “superintégrale”1))
Musique Goran Bregović
Script Dušan Kovačević
Photo Vilko Filać
Box office 500.000 (France), 1.000.000 (Europe)

Récompenses

Palme d'or au Festival de Cannes, 1995

  • Palme d'or au Festival de Cannes, 1995
  • Meilleur film étranger au Prix Lumières, 1996
  • Meilleur film en langue étrangère de la Boston Society of Film Critics, 1997
  • Meilleur film en langue étrangère au Kinema Junpo Awards, Tokyo, 1997

Synopsis

1941. Belgrade. Marko, petit cadre communiste fait entrer son ami Blacky au Parti. Mais les allemands envahissent la Yougoslavie et les deux compères partageront leur temps entre des actes de résistance et de très fructueux trafics. Ils partageront aussi la belle Natalja, une actrice que “protège” un officier nazi. Au plus fort du conflit, Marko s'arrangera pour enfermer Blacky et son clan dans le sous-sol d'une maison de Belgrade. Ainsi pourra-t-il garder Natalja pour lui seul. Et en 1945, il cachera volontairement aux gens du sous-sol qui fabriquent des armes pour la Resistance que le pays a été libéré. Il continuera de les exploiter ainsi pendant des décennies, pour son plus grand profit. Mais un jour, les esclaves sortiront du sous-sol et retrouveront leur pays dévasté par la guerre civile…

bande-annonce

Casting

B.O.F.

B.O.F. Underground

La musique du film est composée par Goran Bregović.

Détails, titres & paroles de la bande originale du film.

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DVD, VHS

PaysFormatlangues audio langues sous-titres Achat en ligne Description
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France VHS SECAM français-épuiséversion longue (5h40) : Plus de détails
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Anecdotes

Présentation du film par Serge Grünberg : “Underground”, le dernier film d'Emir Kusturica, est déjà une légende. Ce n'est pas uniquement parcequ'il a obtenu la Palme d'Or du dernier festival de Cannes. On a beaucoup écrit sur la longueur inusitée de son tournage, sur les moyens exceptionnels que CIBY 2000 a réunis pour permettre la réalisation d'une fresque qui se déroule sur une période de cinquante ans et sur le génie visionnaire de son auteur. Mais d'une certaine façon, “Underground” a réussi à créer un genre nouveau : une épopée baroque, boufonne et musicale sur l'une des grandes tragédies de l'ère moderne : la crise yougoslave. Loin de toute propagande pour un camp, quel qu'il soit, loin de tout art officiel et édifiant, très loin de l'hagiographie ou du film historique, “Underground” puise aux sources les plus profondes du cinéma mondial, de Vigo à Kubrick, de Lubitsch à Visconti, pour nous conter l'histoire d'un pays ! Et ce pays, comme chacun sait, désormais, est de plus un pays qui n'existe plus ; une idée, un rêve tué par les passions humaines.

Emir Kusturica : ”L'homme arrive à trouver la force de survivre, même dans les pires circonstances…

Davor Dujmović a joué dans trois films d'Emir Kusturica. Repéré dans la rue pour jouer dans Papa est en voyage d'affaires, il incarnera l'exceptionnel Perhan dans Le temps des gitans, puis le frère handicapé Bata, dans Underground.

Il existe un making-of d'une heure et quart (comparé aux cinq petites minutes du DVD), réalisé par Aleksandar Manić (réalisateur tchèque). Ce making-of a été diffusé début 2003 sur CanalSatellite en français. Il montre de nombreuses scènes inédites et propose une analyse profonde des divers thèmes du film, et de son imbrication dans l'actualité de 1995.

Quelques clés pour comprendre la symbolique d'Underground.

L'échange entre Alain Finkelkraut et Emir Kusturica par colonnes interposées, dans Le Monde.

Il existe une version longue de ce film (5h40), diffusée en épisodes à la télévision yougoslave et française, puis commercialisée par TF1 video en coffrets double cassettes VHS (épuisés).

En novembre 2009 est diffusée à Turin, dans le cadre du 27ème Festival du Film de Turin, une version “superintégrale” de près de 7h.

Le refrain du morceau d'ouverture donne tout de suite le ton du film : mi-serbe, mi-rom, il martèle : “Oh Dieu, donne moi juste une grosse Kalashnikov…”

Pour sa resortie au Japon en copies neuves, en septembre 2011, le film bénéfice d'un mini-site dédié : eiganokuni.com/ug/

Deux ouvrages traitent spécifiquement d'Underground :

Il était une fois ... UNDERGROUND Il était une fois ... UNDERGROUND par Emir Kusturica & Serge Grunberg, 1995
Véritable making-of du film Underground, ce livre nous plonge dans les coulisses du film au travers de plusieurs interviews, reportages et analyses.

Underground a textual examination Underground a textual examination par Bryan Turnock
Cette étude de 17 pages examine l'approche postmoderne d'Underground's pour montrer comment la vérité acceptée peut être manipulée et la fiction perpétrée. L'ouvrage traite également du style d'Emir Kusturica, notamment son “réalisme magique”.

Critiques

  • Le MondeFilm jubilatoire et flamboyant… Une création artistique rare, une oeuvre cinématographique d'exception qui éveille l'esprit, une invention esthétique de tous les instants. Avec en prime, un humour à proprement parler dévastateur, un rythme étourdissant, des personnages et des acteurs qui font aimer la vie.
  • London TimesTrois heures d'un film tonitruant, tumultueux, Underground est une comédie épique sur les absurdités de la guerre, les mensonges de l'histoire. Soudain, nous étions devant un grand film…
  • Los Angeles TimesTurbulent, audacieux, excessif sans honte, ce requiem émouvant pour un pays moribond a conquis le public cannois avec la fougue d'un taureau fou.
  • Frankfurter RundschauViolence et fureur de vivre, baroque et d'une grande force visuelle, Underground fait exploser l'écran comme de la dynamite.
  • Le PointUn extraordinaire maelström d'images baroques, violentes, fulgurantes, truculentes, toujours inattendues, toujours sublimes, dont le souffle et la puissance sont la marque d'un authentique génie.
  • TéléramaHétéroclite, cocasse et lyrique
  • Cadrage A l'occasion de la sortie du coffret 3 DVD en France, j'ai écrit une critique du film pour la revue universitaire Cadrage :

Underground est sans doute la meilleure illustration de ce que représente le cinéma pour Emir Kusturica : il doit être ” bigger than life.”

Cette démsesure est présente à tous les niveaux : dans l'ampleur de l'histoire racontée, la complexité et l'ambiguité des personnages, l'exacerbération des réactions sucitées à sa sortie.

Petit retour en arrière, en 1995 : en début d'année, la tension est à son comble sur le tournage ; après deux ans d'un dur labeur où Emir Kusturica réécrit le scénario jour après jour, provoque la tension entre les acteurs pour dynamiser (dynamiter ?) le tournage, accumule les retards, les problèmes techniques et les dépenses colossales. Personne ne sait si le film sera prêt pour le Festival de Cannes ; seul le cinéaste y croit. Les rumeurs circulent jusqu'à la veille du Festival, mais finalement le film est bien projeté. Le public décrouvre médusé une épopée qui traverse les époques pour arriver jusqu'aux images que l'on voyait la veille à la télévision. Il faut se souvenir en effet que la guerre faisait alors rage avec une rare intensité à travers toute l'ex-Yougoslavie depuis 1992, et que si la Bosnie était déchiquetée de toutes parts, elle résistait et gagnait même sur quelques fronts en Serbie. Dans cette atmosphère où aucun camp ne semble être plus agressé qu'agresseur, le film est désigné vainqueur le 22 Mai 1995, par le jury présidé par Jeanne Moreau.

Mais trois jours plus tard avec le massacre de 72 adolescents bosniaques à Tuzla, puis celui de Srebrenica en Juillet, l'opinion publique jette définitivement son oprobe sur les serbes, désignés responsables de tous les maux de la guerre. La controverse autour du film va battre son plein avec un article injurieux d'Alain Finkielkraut dans le journal Le Monde où il proclame qu'Emir Kusturica sert la cause pro-serbe de Milošević. Faut-il rappeler qu'Alain Finkielkraut n'avait pas vu le film ? Cette polémique servira alors de tremplin tout l'été à une série d'échanges d'articles dans la presse où les “intellectuels” français pro-Kusturica et anti-Kusturica s'affronteront en reprenant pour la plupart les mêmes arguments. Personne ne remet en question le côté flamboyant, baroque, épique et tragi-comique du film, et on finit par ne s'intéresser qu'à des détails, en ometttant de considérer le film avec un peu plus de recul. Le film ne sera pas bien accueilli en salles, et cette affaire affectera le moral de son réalisateur au point qu'il avouera vouloir abandonner le cinéma… C'est vers la musique (avec son groupe No Smoking Orchestra) qu'il se tournera durant quelques années.

Aujourd'hui, avec dix ans de recul sur les événements, on ne peut qu'applaudir à la vision enflammée du film. Il est plus évident que jamais que le film se place bien au dessus des tragédies, et que le principal message délivré est la dénonciation de toutes les formes de propagandes : que ce soit celle de l'appareil communiste idéaliste sous Tito ou celle des médias occidentaux qui ne connaissent pas la complexité du “terrain”.

Née pendant le tournage d'Arizona Dream, alors qu'Emir Kusturica vivait aux Etats-Unis, l'idée du film s'impose naturellement. La guerre venait d'éclater, et il sent tout de suite le besoin urgent de raconter l'histoire de ce pays qui s'entre-déchire sous les objectifs passifs des caméras occidentales. Emir Kusturica fait appel à Dušan Kovačević, célèbre dramaturge serbe et à deux, ils retravaillent l'une de ses pièces Le Printemps en Janvier. Plus de 3000 pages et 15 versions du scénario plus tard, le tournage commence en partie à Belgrade, en partie à Prague. Fort de son immense culture cinématographique, Emir Kusturica y met toutes ses obsessions : il cherche constamment à rendre hommage aux génies disparus du cinéma avec d'impressionnants “plans-Hommages” qui se succèdent les uns aux autres, tout en gardant sa propre sensibilité à raconter les histoires, à tisser les destinées de ses personnages ; destinées complexes s'il en est car le trio central du film n'aura de cesse d'entretenir des relations exacerbées les uns pour les autres….chacun s'attachant à montrer de la sensibilité là où l'on attendrait de l'ingratitude, et inversement. A passer leur vie à s'aimer et à se détester, ils symbolisent les relations ambigües entre les peuples d'ex-Yougoslavie.

Le pari était fou, l'audace énorme, mais le résultat reste spectaculaire : le plaisir visuel explose dans chaque image, tout en restant au service d'une histoire forte. La musique n'est pas en reste : Goran Bregović a un talent inimitable pour arranger, orchestrer et tirer partie du patrimoine musical explosif des Balkans. Les fanfares tsiganes sont omniprésentes, que ce soit pour accompagner les moments de joie ou de douleur.

Underground est un film culte qui marquera probablement l'histoire du cinéma…

Galerie

Tournage

Making of

Making-of - Part 1

Making-of - Part 2

Croquis

Affiches

1) présentée au festival de Turin en novembre 2009
3) Underground - Secret Lies - Rosetta - Dancer in the Dark - Le pianiste - Elefant - La Chambre du Fils
fr/underground.txt · Last modified: 2013/05/03 15:38 by matthieu1